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11 mars 2005 | Imprimer cette page

Une nouvelle stratégie de gestion des déchets au Kenya

par N. Wihlm

Selon un rapport publié le 23 février 2005, les sacs plastiques fins devraient être interdits et les sachets plus épais taxés lourdement pour débarrasser le Kenya de la menace qui pèse sur l’environnement et la santé.

Rappel : la durée de dégradation d’un sac plastique dans la nature est estimée entre 200 et 400 ans.

Une étude d’experts de l’Institut kenyan de recherches et d’Analyses (KIPPRA) révèle que rien qu’à Nairobi, au moins deux millions de sachets en plastique sont remis chaque année aux clients dans des supermarchés et kiosques. Les sachets, très fins pour la plupart, sont tout simplement jetés en sortant des magasins. Devenus un spectacle familier aussi bien dans les agglomérations qu’à la campagne, les sacs plastiques bloquent les tuyaux de canalisation et les égouts, asphyxient les animaux de ferme ainsi que la faune maritime et polluent le sol au fur et à mesure qu’ils se décomposent.

Wangari Mathaai, Vice Ministre kényan de l’environnement et Prix Nobel de la Paix 2004, a fait un lien entre la malaria et les sachets en plastique. En effet, des sachets abandonnés peuvent se remplir d’eau de pluie et offrir un nid idéal aux moustiques porteurs de malaria.

L’interdiction de sachets d’une épaisseur inférieure à 30 microns et une taxe sur des sachets plus épais figurent parmi les propositions faites pour réduire l’usage de sacs polythènes et financer des solutions alternatives - plus environnementales - tels que des sacs faits en coton ou en sisal. Cette proposition est contenue dans un rapport élaboré par Moses Ikiara et Clive Mutunga de KIPPRA, intitulé « Selection, Design and Implementation of Economic Instruments in the Kenyan Solid Waste Management Sector ».

M. Klaus Toepfer, Directeur exécutif de l’UNEP, a déclaré : « J’applaudis cette étude aussi utile que complète sur les problèmes et les solutions possibles à la question des déchets au Kenya. La leçon à tirer de l’utilisation d’instruments dits « économiques » dans certains pays est sa capacité à changer le comportement et à générer des revenus pour la mise en place de méthodes de gestion de déchets plus environnementales. (...) Les sachets en plastique peuvent être un début, un banc d’essai, de ce que je souhaite puisse devenir une action globale pour la réduction de la pollution et la création d’entreprises et d’emplois nouveaux dans ce pays ».

- Des exemples d’ailleurs

En 2002, l’Irlande a imposé une taxe de 15 centimes d’euro sur les sachets en plastique dans les magasins et boutiques. Il semblerait que cela a réduit de 90% l’usage de sachets en plastique.

En Australie, la boîte IKEA a introduit une taxe de 10 cents sur ses sacs en plastique en offrant également une alternative de ré-utilisation. L’utilisation de sacs en plastique a chuté de 97%.

Le Rwanda a interdit des plastiques d’une épaisseur inférieure à 100 microns, à coup de campagnes de sensibilisation à travers le pays. Les sachets noirs en plastique ont disparu de Kigali.

En 2003, l’Afrique du Sud a banni les sachets en plastique d’une épaisseur de moins de 30 microns et elle a introduit une taxe sur les plastiques dont une partie des recettes est versée à une compagnie de recyclage.

- Il est proposé un plan à 7 points pour lutter contre les sachets en plastique au Kenya. Cette stratégie comprend :

• L’interdiction de sachets de 30 microns ou moins ;
• Des campagnes de prise de conscience ;
• Une taxe sur les sacs en plastique levée sur les fournisseurs, avec répercussions sur le consommateur ;
• La taxe viserait en partie à appuyer la promotion de sachets respectueux de l’environnement tels que ceux en coton. Ceci aurait l’avantage d’aider l’agriculture et l’industrie du coton du Kenya.

L’étude dans son intégralité « Country Report on Selection, Design and Implementation of Economic Instruments in the Kenyan Solid Waste Management Sector », est disponible sur www.unep.org

Source : communiqué de presse du PNUE
(Programme des Nations Unies pour l’Environnement)