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16 février 2005 | Imprimer cette page

Des Togolais déportés dans les camps nazis

par Kouma Laurent Dekalikan

Six millions de Juifs ont disparu dans les chambres à gaz. Le pire génocide de toute l’histoire. 60 ans après la libération des camps d’extermination nazis, c’est encore une fois le moment de se souvenir pour ne pas oublier. Ce que l’on sait moins, c’est que des Togolais ont aussi été assassiné par le régime hitlérien. Ce que révèle aujourd’hui un livre passionnant et inédit.

En effet,un autre drame méconnu concerne, sous Hitler, les Noirs des colonies venus vivre en Allemagne.

"On oublie souvent que les Allemands avaient des colonies (Togo, Tanganyka, Cameroun) et beaucoup se sont installés en Allemagne. Au moment où Hitler arrive au pouvoir, il est inconcevable pour lui que des Noirs aient des rapports avec des Allemandes", raconte Serge Bilé, l’auteur de l’ouvrage.

De ces unions cependant naîtront environ 800 enfants métis que les nazis appelleront "les bâtards de la Rhénanie".

A leur arrivée au pouvoir, ils raflent les enfants, les stérilisent et les déportent.

"Les Noirs sont systématiquement stérilisés, pour qu’il n’y ait pas d’enfants qui naissent de leurs unions avec des Aryennes".

Victimes des lois de Nuremberg, comme les juifs, les Afro-allemands seront déportés, sans qu’on sache combien d’entre eux sont envoyés dans les camps parmi les 24.000 vivant en Allemgane, et combien sont morts.

Aucun historien ne s’étant penché sur le sujet, aucune estimation n’a été faite. Au moment de la seconde guerre mondiale, à l’exception d’Haïti, de l’Ethiopie et du Liberia il n’existait pas de pays noir indépendant, les Noirs ont donc été comptabilisés avec leur puissance coloniale.

Rien ne permet ainsi de différencier dans les statistiques un Noir français déporté d’un Auvergnat ou d’un Breton déporté.

"Je fais juste une approximation, je pense qu’il y a eu de 1933 à 1944 de dix mille à trente mille déportés noirs", dit l’auteur.

Enfin, Serge Bilé rappelle l’engagement dans la résistance contre les nazis d’Africains et d’Antillais qui, une fois capturés, furent déportés en Allemagne, voire en Guyane pour les résistants martiniquais.