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19 décembre 2004 | Imprimer cette page

VIH/SIDA : Le facteur genre

par Kouma Laurent Dekalikan

Toute mesure de lutte contre le VIH/SIDA restera vaine, sauf si de réels efforts sont faits pour lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes.

L’impact de l’épidémie du sida sur les femmes et les adolescents est particulièrement apparent. Dans les pays les plus touchés par la maladie, la majorité des femmes éprouvent des handicaps majeurs aux plans économique, juridique, culturel et social lesquels augmentent leur vulnérabilité à l’impact de l’épidémie.
Les femmes hésitent parfois à subir un test de séropositivité ou ne s’informent pas des résultats de leur test, craignant que la révélation de leur séropositivité suscite des violences physiques, l’expulsion de leur foyer, ou l’ostracisme social.
Il arrive que des jeunes filles quittent l’école pour s’occuper de leurs parents malades, prendre en charge les tâches ménagères ou encore leur fratrie plus jeunes. Lorsque le compagnon ou le père d’une femme meurt de sida, elle se trouve le cas échéant sans terre, sans logement, ou sans autre possession. Le déni de ces droits humains fondamentaux augmente la vulnérabilité des femmes et des filles face à l’exploitation sexuelle, la maltraitance et le VIH.
De nombreuses femmes ne disposent ni des connaissances, ni des outils pour se protéger du VIH. Il est impératif de mettre en œuvre des stratégies globales, comportant notamment des services tenant compte du genre et ciblés sur le plan culturel. Les éléments clés en sont ; l’accès à l’éducation ( en particulier l’éducation secondaire) ; le renforcement de la protection juridique des droits de propreté et de succession des femmes, l’éradication de la violence à l’encontre des femmes et des filles ; et, l’assurance d’un accès équitable aux services des soins et de prévention au VIH. Le diagnostic et le traitement d’infections transmises sexuellement doivent faire partie intégrante des centres de planning familial et de santé reproductive Les femmes doivent pouvoir accéder à ces services sans crainte de censure sociale.
Un autre exemple consiste à promouvoir des outils préventifs destinés à la femme tels que le préservatif féminin ou les microbicides. Parmi les autres approches vivement recommandées, il y a celles qui incluent les groupes de pairs, ainsi que le travail en commun d’hommes et de femmes dans le but de conserver les normes s’appliquant aux relations hommes-femmes et suscitant une plus grande vulnérabilité au VIH.