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19 décembre 2004 | Imprimer cette page

Technologies d’impression : KBA s’expose à Douala

par Honoré TAPOKO

L’hôtel Sawa de Douala a abrité jeudi 2 décembre dernier un séminaire sur les technologies d’impression, organisé par le groupe allemand Koenig & Bauer Aktiengesellschaft (Kba) avec l’aide de Saxonia universal son représentant au Cameroun. La rencontre de Douala baptisée " People & print " a permis à cette entreprise allemande plus que centenaire (elle existe depuis 1817) d’étaler tout son génie créatif dans le domaine de l’imprimerie au public-cible venu de plusieurs pays africains.
Ce génie se traduit par un ensemble de machines d’imprimerie qui comptent parmi les plus performantes au monde. Inventrice de la rotative de presse, la société allemande possède une large gamme qui va de l’offset feuille à feuille numérique, labeur, hélio, aux annuaires téléphoniques, etc. Sa technologie de pointe s’exprime aussi dans la fabrication de machines d’impression pour des surfaces aussi variées que le métal, la matière plastique ou l’aluminium, etc. Dans le secteur d’impression fiduciaire, " 90 pour cent des billets de banque émis dans le monde sont imprimés sur des machines fabriquées par Kba-Giori ", la filiale helvétique spécialisée de Kba dont le siège est à Würzburg.
L’objectif du séminaire, donner l’information aux entrepreneurs locaux sur l’existence de cette technologie semble avoir été atteint si l’on s’en tient aux sentiments exprimés par quelques séminaristes. " Le Cameroun fort de ses 13 millions d’habitants est un grand marché potentiel pour nous. L’exigence d’une impression de haute qualité se renforce d’un besoin de plus en plus prononcé pour la mise à disposition sur place de la technologie adéquate. Ce qui est vrai pour le Cameroun l’est aussi pour l’Afrique en général. Notre démarche visait avant tout à dire aux uns et aux autres que Kba peut mettre sa technologie à leur disposition ", a confié au Messager un brin satisfait, Thomas Kagemann, le directeur des ventes de Kba.
Hors de portée
Le séminaire de Kba a donc suscité un espoir au sein de l’industrie d’imprimerie balbutiante du Cameroun et d’Afrique. Celle-ci est minée par son extrême faiblesse financière. Conséquence, les quelques imprimeries qui composent le paysage camerounais ne peuvent s’équiper que de machines de troisième et même quatrième main. Mais l’espoir suscité par Kba auprès des professionnels se heurte aux coûts prohibitifs des équipements proposés. Comment des imprimeries qui ont déjà du mal à assurer la maintenance de leurs vieux équipements pourraient débourser des sommes allant parfois jusqu’à 350 millions d’euros pour une rotative neuve ? Selon Rufin Ngoubou, l’un des séminaristes venus du Gabon, délégué par l’Archidiocèse de Libreville, il suffit de vouloir pour pouvoir. " Je suis très optimiste. On fait bien des sacrifices pour d’autres choses. On peut donc aussi le faire pour acquérir ces machines, c’est une question de volonté ", tranche-t-il.
Le lourd investissement que nécessite l’acquisition de tels matériels demeure pour le moment une équation que nombre d’imprimeries locales ne sont pas encore capables de résoudre. L’intéressement des banques, maillons essentiels pour ce type d’investissement, n’est pas encore acquis. Or on connaît la réticence des banques camerounaises surliquides à accorder des crédits aux promoteurs nécessiteux. La seule action incitative majeure reste l’assistance technique (formation gratuite, aide à la maintenance et à l’installation des équipements sur place) que Kba propose à ses potentiels clients africains. Les responsables de Kba ont aussi annoncé leur disposition à apporter leur expertise au montage financier des dossiers. Sera-ce suffisant pour réaliser l’objectif ultime, conquérir l’Afrique

source : Le messager