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11 décembre 2004 | Imprimer cette page

Travail des femmes et innovation technologique en milieu rural au Togo

par Kouma Laurent Dekalikan

La technologie de nos jours se développe et touche tous les domaines d’activités, tant artisanales qu’agricoles en milieu rural qu’en milieu urbain. Elle donne des impacts différemment appréciés selon la position de chaque acteur. Pour ce qui est de l’évolution technologique en milieu rural, on assiste depuis quelques temps au Togo à la prolifération de râpeuses à moteur « portable », des râpeuses à tubercules !
Il n’est plus étonnant pour des gens avisés dans des zones comme celle du Sud-Est du Togo d’entendre des bruits de moteur différents de ceux des moteurs à deux roues ou des moulins à mais auxquels nous nous sommes habitués il y a longtemps. C’est donc le bruit des râpeuses à moteur en train de broyer des tubercules de manioc pour les femmes productrices du gari « farine de manioc après cuisson ».
Pour fabriquer du gari dans le temps, les femmes font appel à leurs efforts physiques, elles utilisent un instrument à râper le manioc fait d’un morceau de tôle fixé sur une planche et qui porte de petits trous aux bouts pointus sur lesquels les tubercules sont râpées.
Le travail sur cet instrument est pénible, très dangereux du fait des accidents qu’il cause aux femmes ;(il n’est pas rare de voir une femme se tailler ses doigts ou sa main en cas de cassure brusque de la tubercule ; et c’est les doigts en sang qui tombent sur la râpeuse). Mais avec le développement de la technologie c’était au moulin à mais que la râpeuse mécanique était raccordée dans le but de réduire l’effort des femmes. Mais là aussi, il fallait transporter les tubercules au moulin car il n’en existe pas partout ; c’est là encore des peines des embouteillages au moulin et la perte de temps.
C’est donc pour réduire la corvée du travail et gagner plus de temps que la « portable » a été inventée artisanalement. L’engin est composé d’un moteur de la taille d’une moto-pompe d’environ 1 ou 2 CV , raccordé par une courroie à caoutchouc à un entonnoir muni d’un moulinet en bois, garni de dents de scie de fabrication artisanale. Il est facilement transportable à tête, à bicyclette ou à moto sur une distance plus ou moins longue, en tout lieu et en tout moment où son service est sollicité.
L’apparition de la râpeuse transportable a suscité des réactions diverses en raison des intérêts des uns et des autres.
Sur le plan économique, ce nouvel appareil agricole est rentable et son impact sur la production, sur le temps de travail, sur le coût humain et du rapprochement entre l’offre et la demande de service de proximité est indéniable.
Tout compte fait, en souhaitant une bonne utilisation aux femmes productrices du gari, nous sollicitons les partenaires pour la multiplication de cet outil et pour sa vulgarisation comme instrument de promotion de l’économie rurale pour le bien être des populations de notre pays.