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11 décembre 2004 | Imprimer cette page

LES PHARMACIES PAR TERRE AU TOGO : A QUI PROFITENT-ELLES ?

par Kouma Laurent Dekalikan

Les pharmacies par terre connaissent une grande affluence au Togo.
Les gens s’approvisionnent souvent en médicaments d’origines douteuses, pour la plupart dangereux et périmés chez les revendeuses installées à même le sol.
Les médicaments à terre sont vendus par des « docteurs de rues », comme on les appelle à Lomé. Il n’est pas nécessaire aux acheteurs qu’ils donnent beaucoup d’explications sur leurs souffrances pour que ces médecins improvisés fassent immédiatement leur diagnostic. Ils prescrivent des produits dont eux seuls ont le secret des origines. Des médicaments, sans notice, dans des boîtes quelconques, parfois sans emballage, illicites, contrefaits, sans date de péremption, manipulés par des individus qui n’ont pas les compétences requises.

On trouve ces médicaments sur les étalages des marchés et aux coins de rue. Ils « guérissent » toutes sortes de maladies. « C’est tout près, c’est moins cher, c’est en détail, les chances de guérison sont élevées, c’est sans ordonnance... », les raisons invoquées pour le recours à cette médication de fortune sont multiples. On ne tarit pas d’éloges pour ces produits achetés sans la prescription d’un médecin assermenté.

Les grossistes revendant ces produits étant nigérians, tout le monde s’accorde pour dire que ces médicaments proviendraient de ce pays frère. Dans tous les cas, l’origine de ces médicaments reste douteuse. Les forces de l’ordre ont récemment appréhendé des trafiquants nigérians avec des produits contenant de la farine de maïs et d’autres poudres inconnues, mais les contrôles ne sont pas réguliers. Et les populations continuent à consommer ces médicaments à terre. « Curieusement ces produits ont le don de soulager des patients, on ne sait pas par quelle magie mais c’est le cas ». L’ont croit à la présence des dérivées de drogues car les effets ressentis après consommation sont des palpitations répétées, une force physique imaginaire et une joie sans définition. Vous vous sentez soulagés après quelques instants ; mais ce n’est pas définitif pour tous les cas car le froid ressenti réapparaît après quelques heures de guérison
. Malgré les efforts réalisés, les médecins et associations n’arrivent pas à freiner le phénomène. La population est consciente du danger, mais elle n’a pas les moyens d’acheter les médicaments en pharmacie.
. « Nos prix sont élevés, certes, mais nous garantissons la qualité du médicament : et ils sont en sécurité chez nous. Les gens nous accusent de ne pas accepter de jouer le jeu de la concurrence. C’est vrai, mais c’est leur vie qui est en danger » tel est le slogan des pharmaciens.
Le choix se situe entre le coût et la santé.
Nous croyons humblement que s’il faut retirer du marché ces produits, il fallait non seulement s’attaquer aux femmes revendeuses qui en font une source de revenu mais aussi et surtout des commerçantes importatrices qui sont en toute impunité acceptées par les services de la douanes quant à l’entrée des marchandises sur le territoire togolais.
Partage de responsabilité oblige.