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12 août 2003 | Imprimer cette page

TOUJOURS PLUS DE TERRIENS, MAIS....

par Danielle Beaugendre

Aujourd’hui, 6057 millions de terriens, en 2010, 6826, 7510 en 2020. La croissance démographique se poursuit, mais le bolide a commencé sa décélération.

- La moyenne mondiale de la fécondité est maintenant de 2,8 enfants par femme. [1]

- Le seuil (mondial également) de renouvellement des générations n’est pas le "un peu moins de 2,1" sans cesse cité pour la France ; il est nettement plus élevé du fait de la mortalité avant reproduction.
Cela signifie que les moins de 45 ans ne font guère plus que se renouveler, et que l’essentiel de la croissance mondiale se fait maintenant en haut de la pyramide des âges, c’est-à-dire par l’augmentation du nombre de personnes âgées, tandis que le nombre de jeunes n’augmente que peu ou pas. En moyenne mondiale, en Europe, en Chine, au Japon ... il diminue.

- Et les deux géants démographiques, la Chine, l’Inde ?

Les naissances indiennes sont maintenant de 27 millions contre 16 millions en Chine. Ainsi, les presque 1.300 millions d’habitants de l’Empire du milieu (1,7 enfants par femme) devraient être dépassés par la "première démocratie du monde" (3,1 enfant par femme) chiffre lui-même assez modéré par rapport au passé, mais qui décroît moins vite qu’ailleurs. La politique "de l’enfant unique" en Chine, a porté ses fruits dans une société de plus en plus urbaine. La situation est sans aucun doute bien plus nuancée dans les campagnes chinoises. En Inde, l’incohérence et la brutalité des politiques antinatalité menées par les gouvernements successifs depuis des décennies, ont eu moins de résultats qu’en Chine. L’accroissement du niveau de vie, l’alphabétisation des femmes dans certains Etats de la Fédération indienne, comme le Kérala [2], ont eu des effets très significatifs.
Mais dans une quinzaine d’années, si l’Asie méridionale et orientale demeure le foyer de peuplement majeur, le pays le plus peuplé du monde sera l’Inde, et non plus la Chine.

- La baisse de la fécondité se poursuit dans les pays du Maghreb

La Tunisie est en dessous du seuil de reproduction, le Maroc et d’Algérie n’en sont pas loin. Cette décrue significative de la natalité et de la fécondité au Maghreb rapproche ces pays de la situation démographique au Nord de la Méditerranée.
La tendance est moins nette pour certains pays du Proche et Moyen orient. La fécondité en Arabie saoudite est encore de 5,7 enfants par femmes, de 5,6 au Pakistan, mais dans l’ensemble régional, à ces exceptions près, la décrue est en cours.

- En Afrique subsaharienne ?

La majorité des pays se situe encore au-dessus de 5,5 enfants par femme, jusqu’à 7, 5 au Niger. Quant à l’espérance de vie à la naissance, sa faiblesse n’est plus seulement liée à la grande pauvreté (Éthiopie, Mozambique...), mais aussi au sida, avec trente-six ans au Botswana, qui est pourtant un pays se développant très honorablement.
En Afrique, la proportion des 15-49 ans infectés par le VIH représente 6,7% de la population, la moyenne mondiale se situant à 1,2%.

Les statistiques complètes se trouvent sur le site de l’
INED. Elles sont d’une utilisation simple. En plus un lexique des "mots de la démographie" facilite encore l’investigation !


[1fécondité : l’indicateur conjoncturel de fécondité est le nombre moyen d’enfants que mettrait au monde une femme si elle connaissait durant toute sa vie féconde les conditions de fécondité observées lors de l’année en cours

[2état du sud du sous continent