Accueil : Le développement durable : Environnement :

22 octobre 2002 | Imprimer cette page

Bonne nouvelle : le Sahel reverdit !

par Danielle Beaugendre

Tout le monde pensait que le Sahel était devenu inhabitable. La pluie était devenue si rare dans les années 70-80 que les experts supposaient que le climat s’était modifié de façon irréversible. Or, au milieu des années 1990, les précipitations ont augmenté. Les images satellites montrent que la végétation a repoussé de façon spectaculaire dans des pays comme le Burkina Faso, le Niger, le Tchad ou le Soudan, ainsi que la superficie des terres cultivées. Des terres abandonnées se sont repeuplées.

Les raisons d’un miracle

D’éminents scientifiques (Institut Max Planck de Hambourg) pensent que le Nord a maîtrisé ses pollutions industrielles.

Les années 70-80 correspondent au boom industriel de l’Europe, de l’Amérique du nord. Les rejets des cheminées d’usine envoyaient dans l’atmosphère de très fines particules qui contribuaient à la formation de nuages par condensation de l’air humide. Plus les particules sont nombreuses, et plus il y a de gouttelettes, et plus elles sont blanches. Plus elles sont blanches, plus elles renvoient la lumière et la chaleur du soleil. Et donc, plus le climat se refroidit. La pollution aurait en somme limité le réchauffement climatique des régions tempérées.

Par contre, les régions situées plus au sud, Maghreb, Sahel, au climat déjà chaud et sec, n’ont plus suffisamment d’humidité pour la condenser en nuages. Pas de nuages, pas de pluies. Les précipitations auraient été réduites de 60% au Maghreb !

De plus les particules émises par les régions industrielles du Nord de la région (mâchefer, suie, etc.) sont sombres, elles absorbent la chaleur du soleil, et contribuent au réchauffement climatique.

Résultat : froid et humidité au nord, chaleur et sécheresse au sud.

Depuis 1990, les législations et les mesures techniques ont limité ces rejets industriels, le ciel est plus propre au dessus de l’Europe et de l’Amérique du nord, sans oublier que l’effondrement du bloc communiste a permis la rénovation des industries très polluantes de l’Europe de l’est. Les nuages et les pluies ont donc repris leur chemin normal plus au sud.

Main verte

Courrier international développe une autre explication : les agriculteurs africains auraient la main verte. Un scientifique hollandais a analysé des images satellites prises l’été dernier. "Dans certaines zones, la surface des champs cultivés a augmenté de 70% par rapport à il y a 20 ans."

Les agriculteurs auraient développé une méthode apparue il y a 20 ans au Burkina Faso, qui consiste à édifier des rangées de pierres au milieu des pentes afin d’éviter le ruissellement. L’eau de pluie a le temps d’imprégner le sol, et donc les plantes poussent.

Sources :
Article de Reiner Klingholz, du Frankfurter Allgemeine Zeitung et traduit dans Courrier international n° 624 (17-21 octobre 2002).