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14 octobre 2007 | Imprimer cette page

Etat des lieux des TIC au Bénin

par Amessinou_Kossi

L’ETAT DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION (TIC) AU BÉNIN

Les Technologies de l’Information et de la communication (TIC) constituent aujourd’hui le socle du monde à venir en ce sens qu’elles permettraient d’optimiser le savoir et la productivité. Elles peuvent également contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations et à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Le processus de planification du développement des activités dans ce domaine, entamé il y a quelques mois par le Gouvernement du Dr Boni YAYI, a besoin d’être parachevé par la mise en place d’un cadre institutionnel, réglementaire et législatif approprié au développement des TIC au Bénin. Ce processus a débuté par l’élaboration d’un document dénommé Plan-TIC-Bénin adopté le 24 août 2006. Cette feuille de route constitue dans la formule de relance du secteur des TIC, un moyen de réaliser « l’assainissement, le redressement et la dynamisation du secteur des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication au Bénin ». Le secteur des TIC ne saurait s’améliorer s’il doit évoluer sans boussole, ni baromètre, car, aujourd’hui, au Bénin, exemple pratiquement unique en Afrique, on note « une inorganisation durable doublée d’une ouverture incontrôlée et tous azimuts, sans vision à long terme a plongé le secteur des télécommunications et des TIC dans un désordre indescriptible propice à toutes les pratiques frauduleuses »1.. Il est donc urgent dans la situation actuelle, que les pouvoirs publics interviennent de façon efficace afin de remédier aux insuffisances constatées sur le marché national, de maintenir une concurrence équitable, d’attirer les investissements, d’intensifier le développement des infrastructures et des applications TIC et d’optimiser les avantages économiques et sociaux.

Infrastructures de la téléphonie fixe

Le réseau conventionnel fixe du Bénin est caractérisé par les réseaux locaux de câbles téléphoniques qui ont été réaménagés dans les principales villes ; une téléphonie communautaire qui a vu son développement axé sur le publiphone et les télé-centres privés. Le nombre de publiphones est passé de 797 en 2004 à 707 en 2006 soit environ 90 lignes publiques hors activité. Par ailleurs, la téléphonie rurale reste encore peu développée malgré les efforts de déploiement des équipements de VSAT par Bénin Télécoms S.A. Le système VSAT de télécommunications par satellite comprend dix neuf (19) stations (Abomey-Calavi, Parakou, Kandi, Nikki, N’dali, Ségbana, Malanville, Bémbéréké, Sovlamè, Bopa, Houéyogbé, Natitingou, Tanguiéta, Kouandé, Boukoumbé, Djougou, Ilara, Bassila et Djidja) et un HUB installé dans la commune d’Abomey-Calavi. Sur l’ensemble du réseau, seule la station de Bopa est fonctionnelle.

Par rapport aux télécommunications internationales, le Centre de Transit International (CTI) de type MT20 THOMSON installé à Cotonou et celui de Porto-Novo de type EWSD gèrent l’ensemble du trafic téléphonique international en utilisant les supports de transmission que sont : la Station Terrienne dotée d’une antenne de type Standard A émettant en double polarisation A et B et orientée sur le satellite INTELSAT VI F3, les liaisons de transmission par faisceaux hertziens numériques avec les pays limitrophes (Nigéria, Togo), le Câble Sous Marins (CSM) et la Station Radio communications Maritimes et Terrestres (Station Radio maritime). Les deux Centre de Transit International sont reliés par des circuits numériques en Fibres Optiques.

Bénin Télécoms S.A. dispose également d’une artère de transmission longue distance en Fibre Optique qui est mise en service en 2001 entre Cotonou et Parakou sur environ 450 km à laquelle sont reliés les centraux téléphoniques numériques de Parakou et de Savalou. En ce qui concerne les artères de transmission, le taux de numérisation est de 100 % sur le réseau national et le nombre total d’abonnés raccordés est de 77 342 au 31 décembre 2006.

Infrastructures de la téléphonie mobile GSM

Une des percées les plus significatives réalisées sur le continent africain en général est le développement fulgurant de la téléphonie mobile. Le téléphone mobile est devenu une réalité inéluctable. Elle constitue dans certaines localités le moyen ultime d’avoir accès aux télécommunications. C’est un domaine relativement nouveau, porteur de beaucoup d’espoirs et d’opportunités de développement.

Au Bénin, la première entrée dans le réseau de communications mobiles fut d’abord celle de l’Opérateur Libercom GSM (Opérateur historique) bâti par l’OPT aujourd’hui Bénin Télécoms SA en 1995, sur la base de la technologie AMPS (réseaux analogiques). Ce réseau ne couvrait que Cotonou Porto Novo et Ouidah.

Bien que les télécommunications soient encore largement sous monopole étatique, le secteur de la téléphonie cellulaire a été libéralisé à partir de 1997. Outre Libercom, filiale de Bénin Télécoms SA, en 1999, les premières licences furent accordées à deux opérateurs : Moov (ex Télécel) et Areeba (ex Bénincell). Ces derniers ont démarré leurs activités commerciales en 2000. En décembre 2003, Bell Bénin Communications est autorisé. En 2007, Globacom de Global Limited est autorisé et est en cours de déploiement. Ce qui porte le nombre d’opérateurs GSM à ce jour à cinq (5).

Infrastructure de l’Internet

Le Bénin a été connecté à l’Internet pour la première fois en décembre 1995 à la faveur du sommet de la Francophonie avec une passerelle d’accès de 64 kilobits par seconde.
Le 7 mai 2003, intervint l’inauguration du câble SAT-3. A cette occasion, une nouvelle connexion internationale de 45 Mb/s a été ajoutée aux 2 Mb/S existants, portant ainsi la bande passante à 47 Mb/s. Elle n’est pour l’instant accessible que depuis Cotonou et n’a pas encore été redistribuée dans le reste du pays. L’OPT a obtenu au mois de Septembre un prêt de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) dont le montant s’élève à 9 milliards de FCFA. Ce prêt est destiné à financer le projet d’établissement de liens en fibre optique (en utilisant la technologie SDH) entre le Bénin et les pays voisins de l’UEMOA. Ces 3 câbles, dont le coût a été révisé et approche les 12 milliards de FCFA, vont totaliser 760 kilomètres et relier Cotonou aux réseaux des opérateurs Burkinabé, Nigérien et Togolais. Ces travaux sont la preuve vivante de la stratégie régionale du Bénin qui, depuis sa participation au consortium mené par Alcatel et France Telecom, ambitionne de jouer un rôle important dans la sous région. Avant l’exploitation du câble, le Bénin était connecté au backbone Internet par des liaisons VSAT qui ne lui donnaient pas l’occasion d’exploiter une large bande passante.

En dehors de Bénin Télécoms plusieurs opérateurs privés fournissent l’accès Internet soit par réseau téléphonique commuté (RTC), soit par boucle locale radio, soit par satellite VSAT ou soit par ADSL une des dernières technologies mises en service par Bénin Télécoms.

La situation de la connectivité jusqu’à fin décembre 2006 au niveau de Bénin Télécoms SA fait état de : 6007 abonnés par liaison RTC, 154 par liaison ADSL, 21 par liaisons Spécialisées Wireless, 17 liaisons spécialisées et autres. On dénombrait en juin 2004, 66 sites nationaux ".bj" avec 51 hébergés à Bénin Télécoms et 15 à l’extérieur2, en mars 2007 ce nombre est passé à 60 sites.

Les Opérateurs du secteur : opérateur historique et les opérateurs alternatifs

Entre 2000 et 2005 le nombre d’abonnés RTC a connu une augmentation entre les deux périodes. Le nombre a décru entre 2005 et 2006 passant de 6461 à 6007. Cette situation n’est guère surprenante au regard de la nouvelle technologique (ADSL) qui connaît de nouveaux adhérents.

En 2004 le nombre d’abonnés ADSL était de 13, il est passé à154 en février 2007 au niveau de Bénin télécoms. Par ailleurs, il faut souligner que Bénin Télécoms dispose de neuf (9) télé-centres au service des populations sur l’ensemble du territoire.

Deux autres opérateurs (Pharaon Télécoms et OTI) ont été agréés pour fournir des prestations de connexion ADSL. Avec une bande passante de 10 Mbts chacun. Ces deux fournisseurs totalisent jusqu’en décembre 2006 un parc d’abonnés de plus de 900 clients.

En 2003, il a été dénombré dans le secteur privé au Bénin, environ 7603 télé-centres offrant sur le plan national des services afférents à l’accès Internet et à la formation en informatique et en Internet. Le tableau 10 présente la situation des cybercafés en 2003 au niveau national.

Le nombre d’internautes4 estimé en 2004 est de 25 000. L’accès à l’Internet est beaucoup plus développé dans les grandes agglomérations notamment à Cotonou. Pour permettre l’accès à un plus grand nombre de personnes, le gouvernement du Bénin avait mis en place courant 2002 une vingtaine de télé-centres communautaires5 offrant des services Internet répartis sur le territoire national. Malheureusement, ce projet n’a pas atteint les objectifs escomptés.

Autre prestataires Internet : les opérateurs VSAT (VSAT, WIFI, WIMAX...)

Une vingtaine d’opérateurs VSAT fournissent essentiellement des services Internet, de voix sur IP, des centres d’appel. Ils ont tous leur fournisseur à l’étranger. Mais ils demeurent aussi clients de BTSA pour les lignes téléphoniques ou des connexions ADSL pour secours. Ils sont de 2 catégories : les exploitants à des fins commerciales, des exploitants administratifs pour réaliser les connexions des structures et des filiales à l’étranger ou à l’intérieur. Les liaisons varient entre 2Mbps à 64 kps.

Une enquête formelle aussi pourra servir à déterminer les raisons des recours à la technologie VSAT et à son expansion dans le pays. Cette dernière, généralement coûte plus chère et moins stable que la transmission par fibre optique.

Usage du téléphone fixe

D’après les résultats de l’étude sur l’« Utilisation et perception des Technologies de l’information et de la Communication au Bénin » (INSAE, 2006), près de 97% de la population utilise le téléphone conventionnel fixe pour communiquer. Par contre seulement 9,2% de ceux qui utilisent le téléphone fixe disposent d’un abonnement à domicile. Les télé-centres sont donc le principal lieu d’accès au téléphone fixe. Cette étude a touché 3426 ménages et 9869 individus âgés de 10 ans et plus. Selon le département (voir tableau 13), les faibles taux d’utilisation sont enregistrés dans l’Atacora (28,5%), la Donga (30,9%), Alibori (32,0%), le Borgou (45,2%) et le Couffo (46,1%).

Usage du téléphone mobile

Selon la même source, près de 60% des personnes interrogées qui utilisent le portable disposent d’un appareil et une carte Sim et les ont acquis en général sur fonds propre. Il y a également des personnes qui utilisent des portables du service ou des appareils offerts, soit par un membre du ménage ou par une personne en dehors du ménage. Les Réseaux les plus utilisés par les répondants sont respectivement : Areeba (39,9%), Télécel (34,2%), Libercom (21,3%) et BellBénin (5,7%). Certains usagers du portable ne sont pas satisfaits de la qualité des services de leur opérateur et décident de ce fait de changer de réseau. Ces personnes représentent 6,30% des abonnés (tous réseaux confondus).

La plupart de ceux qui ont un portable dépense en moyenne, moins de 10000 Francs CFA par mois pour la communication ; et trouvent (pour ceux qui le savent) que la minute de communication coûte extrêmement chère sur certains réseaux. Selon le département, le constat reste le même quant à l’utilisation effective de du portable.

Usage de l’Ordinateur

Il est à noter que l’usage de l’ordinateur n’est pas encore effectif. Sur 9 869 personnes interrogées, 18,4% savent utiliser l’ordinateur. Près de 82% des Béninois interrogés n’utilisent pas l’ordinateur et seulement 8,4% utilisent personnellement l’ordinateur. Par ailleurs, 9,6% de la population l’utilisent par personnes interposées.

Près de la moitié (46,4%) des utilisateurs de l’ordinateur s’en servent uniquement à des fins personnelles ; 23,5% l’utilisent dans leurs activités professionnelles et un peu plus de 26% à la fois dans leurs activités personnelles et professionnelles.

Le principal lieu d’accès pour la moitié des usagers est le cyber ou le télé-centre et plus de 13% au bureau. Les personnes qui utilisent l’ordinateur chez une tierce personne ou dans d’autres cadres représentent aussi environ 13% des utilisateurs. L’utilisation de l’ordinateur à domicile est très peu développée et se fat dans un cas sur dix (9,2%). Cela dénote de la très faible présence de l’ordinateur à domicile.

Le niveau d’utilisation de l’ordinateur est très bas dans la région septentrionale du pays. Dans cette zone, les communes de Banikoara, Gogounou, Malanville et Ségbana sont les plus défavorisées en la matière. A Banikoara par exemple, aucun des individus interrogés (42 au total) n’utilise l’ordinateur. Le même constat a été réalisé dans les communes de Boukoumbé, Kérou, Kouandé et Péhunco dans le département de l’Atacora. La situation de la commune de Copargo dans le département de la Donga paraît plus préoccupante. En effet, aucune personne sur 226 n’utilise l’ordinateur. Notons de plus, que les communes qui suivent ont sensiblement les mêmes caractéristiques que les autres communes identifiées dans les départements de l’Alibori, l’Atacora et la Donga. Il s’agit des communes de Zè, Bembèrèkè, N’dali, Nikki, Tchaourou, Ouessè, Save, Djakotomey, Klouekame, Adja-Ouèrè, Ifangni, Sakété, Djidja, Ouinhi, et Zagnanado.

Utilisation du téléphone et de l’ordinateur dans les administrations publiques

D’après l’étude réalisée en 2006 à l’INSAE, il existe pour la plupart du temps, plus de cinq (5) lignes téléphoniques en service dans les administrations publiques interrogées. Il faut cependant préciser que ces administrations sont très hétérogènes lorsqu’elles sont étudiées suivant le nombre de téléphones en service.

En rapportant le nombre de téléphone en service à l’effectif du personnel, il ressort qu’en moyenne, il existe une (1) ligne téléphonique pour 22 employés. Mais il faut noter l’importance des disparités qui existent entre les administrations quand on s’intéresse à cet indicateur. S’il y a des administrations dans lesquelles, on note au moins un téléphone par travailleur, il y en a d’autres où, plus de 200 employés utilisent le même téléphone pour communiquer.

De plus, il faut noter que plus de 17% des administrations interrogées ne disposent d’aucun téléphone en service. Ce sont pour la plupart, des centres de santé, des établissements scolaires, des brigades de sécurité, des mairies et bien d’autres administrations non moins importantes telles que des directions des douanes et des impôts.

Comme dans le cas du téléphone, une importante proportion des administrations (27,9%) ne dispose pas d’ordinateur. Il y a en moyenne près de 8 ordinateurs par administration et on dénombre plus de 10 employés pour un ordinateur. Ces estimations de la moyenne comme il a été constaté au niveau du téléphone posent quelques problèmes en ce sens qu’elles cachent des disparités. En outre, plus de 72% des ordinateurs ne sont pas connectés à Internet dans les administrations étudiées.

Usage de l’Internet

La population enquêtée utilise moins l’Internet que l’ordinateur, ce qui paraît tout à fait évident, compte tenu du fait que l’internaute est avant tout un utilisateur de l’ordinateur.

Le taux d’utilisation de l’internet est encore très faible au Bénin. A peine 9% de ceux qui ont déjà entendu parler de l’internet (37%) l’utilisent, soit un taux d’utilisation réel de 3,4 % de la population enquêtée. Cela se justifie quand on sait qu’environ 18% de la population utilise l’ordinateur alors que cet instrument est indispensable pour l’usage de l’internet. Les raisons évoquées par les non utilisateurs varient énormément. Ainsi environ 30% des non utilisateurs trouvent que l’internet est inutile et 26,3% de ceux-ci disent qu’ils n’ont pas le temps nécessaire à consacrer à cet outil. D’autres encore estiment que leur niveau en informatique est faible et ne leur permet donc pas d’utiliser cet outil.