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27 septembre 2007 | Imprimer cette page

Protection des enfants eu Bénin : Le gouvernement a un peu failli

L’enfant, socle du développement d’une nation vit depuis des temps dans une insécurité sociale. Ceci pour la simple raison que le gouvernement n’a pu mettre en œuvre sa politique de la mise en application des textes sur la protection des enfants. De même, non seulement les textes ne sont pas connus mais également les efforts des Ong dans ce domaine ne sont pas accompagnés.

Le gouvernement malgré ses mécanismes judiciaires de protection des enfants, est l’auteur principal de cette traite qui frappe gravement les personnes de moins de 18 ans au Bénin. L’enfant n’est pas protégé malgré l’existence de plusieurs textes qui puissent porter frein au déplacement des mineurs et à sa traite en République du Bénin. Au nombre de ces textes, la loi 2006-04 du 05 avril 2006 portant condition de déplacement des mineurs et répression de la traite d’enfants en République du Bénin ; l’ordonnance n°73-37 du 17 avril 1973 modifiant les dispositions du code pénal en ce qui concerne la traite des personnes et les enlèvements des mineurs ; la déclaration universelle des droits de l’homme ; la convention relative aux droits de l’enfant adoptée le 20 novembre 1989, ratifiée par le Bénin le 3 août 1990 et entrée en vigueur le 02 septembre 1990 ; la convention 138 sur l’âge minimum d’admission à l’emploi et la convention 182 sur les pires formes de travail des enfants ; la convention contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles additionnels plus connue sous le nom de convention de Palerme, pour ne citer que ceux-là. Outre ces textes nationaux et internationaux, le Bénin dispose encore de plusieurs services publics qui sont créés pour la protection judiciaire des bambins dans le pays. L’on peut citer au ministère de la justice, la Cour d’appel de Cotonou, la Cour d’appel d’Abomey, la Cour d’appel de Parakou et huit (08) juridictions de première instance ; la direction de la protection judiciaire de l’enfant et de la jeunesse ; la direction de l’administration pénitentiaire et de l’assistance sociale et le Centre de sauvegarde de l’enfant et de l’adolescence. Au niveau des ministères de l’intérieur et de la défense nationale, se trouvent la brigade de protection des mineurs, les Commissariats de police et les brigades de gendarmerie. Toute chose qui montre que la législation des enfants repose à la fois sur les textes nationaux existant en matière constitutionnelle, civile, pénale, sociale, traditionnelle, mais aussi sur les textes internationaux de protection des enfants et auxquels le Bénin est partie. Malheureusement, non seulement ces textes sont très peu connus mais également ne s’appliquent pas. Ce qui fait que les auteurs de la traite des enfants évoluent avec quiétude et paisiblement dans leur sale besogne tout en ayant le soutien des parents qui vivent dans l’ignorance des textes. Un paradoxe donc ! Idem pour les enfants qui, cherchant à arracher la liberté précocement ouvrent la voie aux auteurs de la traite de leur couche sociale. Si donc les enfants continuent de faire objet de la traite, c’est parce que le gouvernement n’a pas pu prendre ses responsabilités. Sinon comment comprendre que malgré tout cet arsenal juridique, les mineurs et les personnes de moins de 18 ans peuvent encore si facilement subir des maltraitances et autres abus. Il s’impose impérativement à cet effet aux gouvernants, la mise en œuvre effective de la politique nationale de protection des droits des enfants et la facilitation de la collaboration entre les institutions gouvernementales et les organisations non gouvernementales (Ong). Ajouter à cela, la vulgarisation des textes. Car, il faut connaître la loi avant de la respecter. Et pour la respecter il faut l’implication du pouvoir dans la lutte.