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13 septembre 2007 | Imprimer cette page

Les géants de l’informatique s’allient pour lutter conte les e-déchets

Gros consommateurs d’énergie, truffés de composants toxiques, et produits en quantité croissante, les ordinateurs inquiètent les défenseurs de l’environnement. De plus en plus d’initiatives publiques et privées sont entreprises pour faire face à ce nouveau danger.

Plus nos ordinateurs gagnent en performances, plus ils coûtent cher et consomment d’énergie. Or, estime le docteur Dietlinde Quak de l’Institut d’écologie appliquée de Friebourg (Allemagne), pour de classiques applications informatiques destinées aux particuliers, les composants sont inutilement surdimensionnés et donc surconsommateurs d’énergie. Aucune chance donc pour ces machines d’obtenir de label environnemental tel l’ange bleu, créé il y a trente ans en Allemagne afin de garantir le respect des exigences en matière d’efficacité énergétique et autres aspects environnementaux. L’Allemagne, en pointe dans le domaine, a également créé le classement "EcoTopTen", qui permet aux consommateurs de comparer par familles les produits respectant le plus les critères écologiques et économiques.

LE VERT N’EST PAS DANS LA POMME

L’association Greenpeace s’est également rapidement intéressée aux normes en vigueur dans le domaine des hautes technologies et des "e-déchets". Après avoir pointé du doigt les méga décharges électroniques qui parsèment la planète, elle a diffusé en fin d’année 2006 son deuxième classement des principaux constructeurs d’ordinateurs dans le monde : Apple, dernier du classement, est depuis l’objet d’une campagne spécifique de la part de l’association.

Le véritable tournant sur le plan européen est intervenu le 1er juillet 2006 avec l’entrée en vigueur de la directive "ROHS" (Restriction of the use of certain Hazardous Substances) sur la limitation des substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques, qui faisait suite à la directive européenne sur la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques (les DEEE) transposée en France le 13 août 2005.

UN PROGRAMME DE LUTTE ENFIN MONDIAL

C’est dans ce contexte que les Nations-Unies viennent de lancer, le 7 mars 2007, un programme mondial baptisé StEP (Solving the E-Waste Problem, résoudre le problème des déchets électroniques). Son objectif principal est de réduire rapidement et drastiquement la quantité de produits et déchets polluants utilisés dans la constitution des biens de haute technologie, tout en favorisant leur retraitement en fin de vie.

De grandes marques comme Cisco, Dell, Ericsson, HP, Microsoft ou Philips, mais également des universités et centres de recherche (Académie des sciences chinoise, Berkeley, Institut National des Télécommunications, MIT, etc.) font d’ores et déjà partie de ce programme qui voudrait standardiser et harmoniser à l’échelle mondiale les processus de retraitement et de recyclage, mais aussi les différentes législations en vigueur. Pourtant, des voix s’élèvent déjà, au premier rang desquelles le Basel Action Network (BAN), pour dénoncer un manque de transparence et l’absence de dénonciation des trafics liés aux e-déchets dans certains pays.

Olivier Dumons

Création du consortium Green Grid

Mis sur pied dès avril 2006, ce n’est que fin février qu’aura finalement été lancé ce consortium regroupant la majorité des groupes informatiques mondiaux. Parmi eux, APC/MGE, AMD, Dell, HP, IBM, Intel, Microsoft, Rackable Systems, Sun, SprayCool ou encore VMWare. Au sein de ce groupement, les entreprises doivent collaborer pour favoriser le développement de nouvelles technologies plus propres et plus économes sur le plan énergétique. Le Green Grid publie à cette fin plusieurs Livres blancs de recommandations destinés aux entreprises désireuses d’économiser l’énergie.

Le Monde