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30 juillet 2006 | Imprimer cette page

Dépenses militaires et développement

par DE VARGAS CHARLENE

Alors les dépenses militaires africaines ne représentent qu’une partie des dépenses mondiales, elles constituent une lourde charge économique dans beaucoup de pays africains où les besoins sociaux attendent désespérément des investissement.

Dans beaucoup de pays du tiers monde, le personnel militaire domine la bureaucratie officielle et le budget militaire domine le budget national. Les pays les plus pauvres sont généralement ceux qui dépensent le plus : l’Afrique dépense proportionnellement plus pour son secteur militaire que n’importe quelle région du monde en développement, excepté le moyen orient. Un des pays les plus pauvres d’Afrique, l’ Ethiopie, dépense près de 9 pour cent de PNB pour les armes - plus du double que pour l’éducation et 8 fois plus que pour le secteur de la santé. D’autres pays africains déchirés par la guerre comme l’ Angola et le Mozambique dépensent jusqu’à la moitié de leur budget pour l’ effort de guerre. Comparé au Moyen-Orient , dont les dépenses militaires atteignent 10 à 20 % des PNB, aux pays de l’ OTAN , qui dépensent 5% de leur PNB, la plupart des pays du tiers monde ne semblent pas dépenser plus pour la défense que les autre états. L’Amérique latine ,en particulier, ne dépense que 2 % de son PNB pour l’ armement. Cependant, en comparant avec l’ état de santé et d’éducation de leur population, les dépenses militaires du tiers monde apparaissent exorbitantes.

Durant la seule année 2003, les Nations unies estiment ces dépenses à un total de 125 milliards de dollars. Or, toujours selon l’ONU , il suffirait de 12 % de cette somme pour « dispenser des soins élémentaires à tous, vacciner tous les enfants, éliminer les formes graves et réduire les plus bénignes de malnutrition, et approvisionner tout le monde en eau potable ». Avec 8 % du même montant, on pourrait « offrir un ensemble de services élémentaires de planification familiale à tous les couples qui souhaitent en bénéficier et pour stabiliser la population mondiale en l’an 2015 ». Enfin 4 % de ces 125 milliards de dollars permettraient de « réduire de moitié l’analphabétisme des adultes, rendre l’enseignement primaire universel et donner aux femmes un niveau d’éducation équivalent à celui des hommes ». Et, en 1997, les pays en voie de développement ont dépensé en achat d’armes trois fois plus qu’il ne faudrait pour garantir à leurs enfants une éducation de base

Ce sont souvent les pays qui ont le plus besoin d’investir dans leur développement qui consacrent à l’achat d’armes les plus fortes sommes, lesquelles auraient pu l’être à l’éducation et aux infrastructures - clé du développement - communications, préservation de l’environnement, progrès culturel. Lorsqu’un gouvernement se soucie davantage de la sécurité stratégique que celle de ses citoyens et privilégie les dépenses militaires au détriment des dépenses sociales, il provoque, tôt ou tard , le malheur des gens. Quels sont les deux pays où le rapport entre les dépenses militaires et les dépenses d’ éducation et de santé était le plus élevé en 1980 ? Dans l’ordre : l’ Irak ( de 6 à 1) et la Somalie ( de 5 à 1). Faut il s’étonner que ces deux Etats aient connu de graves troubles au cours des années 80 et se soient lancés dans des aventures guerrières ayant entraîné les conséquences les plus tragiques pour leur population et celle de certains de leurs voisins ?

Les dictateurs, qu’ils soient militaires ou non, veulent acheter du matériel militaire pour mener des guerre contre leurs voisins. Presque toute les guerres menés depuis la fin de la seconde guerre mondiale, se sont passés dans le tiers- monde. Mais les dictateurs ont aussi besoin d’arme pour mener des guerres contre leur propre peuple. Durant la « sale guerre » d’ Argentine, 9000 citoyens innocents ont été exécutés pour s’être opposés au gouvernement. Les dirigeants d’ Ethiopie ont tué au moins 60 000 de leurs citoyens rebelles. Ainsi, ironiquement, les armes qui sont censées protéger la population deviennent celles qui les menacent.

SIPRI, le centre de recherche pour la pais de Stockholm, est pourtant plein d’espoir : la combinaison de fortes dépenses militaires et du remboursement de la dette crée une situation explosive et intenable pour les gouvernements du tiers monde , alors qu’il n’arrive pas à assurer les besoins vitaux de leurs citoyens. Ainsi, dans beaucoup de pays, les programmes sociaux devraient l’ emporter sur les dépenses en armes. Cependant, bien que les dépenses militaires aient diminuées au cours des dernières années à cause de la crise de la dette, elles ont augmenté en Guinée, en Inde, en Malaisie, au Skri Lanka, au Gabon, au Soudan, en Ouganda et au Zaïre où le secteur de la santé et de l’éducation sont complètement délaissés pour économiser et dédier plus d’argent au secteur militaire. Le tiers monde a toujours 8 soldats pour un physicien, 2.5 fois plus que dans les pays industrialisés, et les pays riches ont toujours d’ alléchantes promotions sur les armes ....

Les dépenses militaires de tout les pays
http://www.globalsecurity.org/military/world/spending.htm

Military spending and developement
http://www.id21.org/insights/insights50/insights-iss50-art00.html

Les Dépenses militaires mondiales
http://vaincrelaviolence.org/fileadmin/dov/files/wcc_resources/dov_documents/WME_Summary_f.pdf

Aide au développement contre dépenses militaires : le combat inégal
http://www.rfi.fr/Fichiers/Mfi/EconomieDeveloppement/1517.asp

Vente d’armes, l’ Afrique toujours sollicitée
http://www.rfi.fr/fichiers/mfi/EconomieDeveloppement/619.asp

Dépenses militaires dans les pays en développement
http://www.ipb.org/doc/PED.doc

Etabblissement des budgets militaires en Afrique : le processus et les mécanismes de controle
http://www.idrc.ca/fr/ev-26229-201-1-DO_TOPIC.html

Désarmement et développement : le point de vue d’un sud - Africain
http://www.ipb.org/pdf/DMilit_4.pdf