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23 juillet 2006 | Imprimer cette page

Oui, le sida est responsable d’un grand nombre de mort en Afrique, mais il n’est malheureusement pas le seul...

par DE VARGAS CHARLENE

Si Rian Mala relativise l’ampleur de l’épidémie du sida ce n’est pas pour minimiser les conséquences sur la société africaine de cette maladie mais pour montrer que celle-ci n’est malheureusement pas la seule.

Seul contre tous, Rian Malan relativise l’ampleur de l’épidémie du sida en Afrique alors que son propre pays, l’ Afrique du sud, est le plus touché. Pour cet iconoclaste il s’agit plutôt de dénoncer une surmédiatisasation qui masque les autres maux dont souffre l’ Afrique. C’était pour critiquer l’attentisme du président sud africain Thabo Mbeki face au sida que Rian Malan a mené des recherches sur la maladie. Mais celles-ci l’ont amené à la conclusion que les ravages de l’épidémie sont surestimés. Sa thèse, rendue publique en 2001 est à l’origine d’une polémique qui dure encore.

Le sida touche un grand nombre de personnes, et ceci principalement en Afrique. 25 à 28,2 millions d’ Africains sont séropositifs, 3 à 3,4 millions sont malades à cause de cette épidémie et 2,2 à 2,4 millions de décès sont dus au sida alors que, par exemple, 2,5 à 3,5 millions de décès dans le monde sont dus au virus de VIH. C’est dire à quel point l’Afrique se trouve déséquilibré face à ce fléau par apport au reste du monde.
Cependant, le sida n’est pas en Afrique la seule maladie qui tue des gens. Quelques 350 millions d ‘Africains - près de la moitié de la population - ont des crises de paludisme chaque année, mais le traitement de cette maladie n’est pas disponible alors quelle ne coûterait que quelques euros. La communauté internationale n’est sensibilisée qu’ aux problèmes du sida alors que des millions d’africains meurent aussi d’autres maladies tout les jours. Deux millions par an attrapent la tuberculose. De même pour la pneumonie, le cancer, la dysenterie ou le diabète qui touchent un grand nombre de personne.

Suite à cette polémique il s’est avéré qu’un certain nombre de chiffres ont été révisés à la baisse. Les résultats préliminaires d’une vaste enquête de santé conduite par le gouvernement de Nairobi ont indiqué un taux de prévalence du VIH de 6, 7 % , soit un tiers de moins que les estimations précédents de l’ONUSIDA, le programme commun des nations unis sur le sida. Si ces résultats se confirment, cela pourrait marquer le début d’une réévaluation de l’ampleur du sida sur l’ensemble du continent africain.
Même si les résultats des chiffres du sida sont inexacts, cela ne veut cependant pas dire qu’ils soient surévalués. Et d’ailleurs , le débat sur l’inexactitude des chiffres du sida, a t ‘il lieu d’être , quant le sida, dont l’ombre plane sur les villages décimés et les hôpitaux bondés de l’Afrique subsaharienne, est une sinistre réalité depuis plus de 10ans ? Car après tout, qu’importe qu’il y ait 1 séropositif sur 8 ou sur 12 Sud-africains ou que la maladie touche 15 ou 30 millions d’ Africains quand les Etats sont encore si loin de pouvoir faire face à l’épidémie. Une chose à retenir de la thèse de Rian Malan, pour éviter toute interprétations qui minimiseraient l’impact de l’épidémie du sida en Afrique, est que celui-ci n’est pas la seule maladie du continent africain et que les médias devraient en prendre compte.