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23 juillet 2006 | Imprimer cette page

Les droits de la femme en Afrique : synthèse du rapport annuel 2006 des droits de l’homme d’Amnesty international

par DE VARGAS CHARLENE

Les femmes continuent d’êtres insuffisamment protégées , tant dans les textes que dans la pratique, et reste la cible de violences et de discriminations.

Les femmes sont victimes de viols et d’autres formes de violences sexuelles de la part des agents de l’ Etat, des compagnons et d’employeurs, entre autres. Dans certains milieux, les mutilations génitales féminines et les mariages forcés restent la norme et, d’après les informations disponibles, la pratique des mutilations génitales est toujours légale au Cameroun où elle touche 30% des jeunes filles. En outre, le code pénal camerounais comporte encore des exonérations de poursuites judiciaires pour les hommes commettant des viols si ils épousent ensuite la femme , avec pour effet de protéger le violeur tout en exposant la femme à de nouveaux sévices.

Des centaines de milliers de femmes auraient été violées par les forces gouvernementales et les groupes politiques armés durant les conflits. Dans l’est de la RDC, les viols sont quelquefois commis sous les yeux des enfants de la victime et il arrive que la femme soit ensuite tuée ou délibérément blessée. Rares sont les victimes qui peuvent bénéficier des soins nécessaires. Au Togo, des femmes ont été violées, soupçonnées de soutenir l’opposition, par des membres des forces de sécurité ou des bandes de miliciens.

Des réformes législatives visant à améliorer le respect des droits fondamentaux des femmes ont été lancées ou poursuivies dans certains pays. Au Ghana, des organisations de la société civile ont débattue d’une réforme de la législation sur l’avortement et de l’absence de loi quant au viol conjugal : certains parlementaires ont demandé des peines plus sévères pour les auteurs de viols ou d’agressions sexuelles contre les femmes. Au Libéria, une loi intégrant une définition plus large du viol a été adoptée ; avant que ce pays ne s’engage à abolir la peine de mort , c’est ce châtiment qui était prévu pour les violeurs. Au Kenya , le parlement a accepté d’examiner un projet de loi sur le viol, défendu par un groupe de femmes. Ce texte proposait d’étendre la définition de ce crime et d’interdire la libération sous caution de toutes personne poursuivie pour viol sur mineur.

Au Nigéria, certains Etats ont voté des lois relatives aux violences domestiques contre les femmes, mais le gouvernement fédéral n’ a pas remanié les lois discriminatoires et ni modifié le droit national pour le mettre en conformité avec le protocole de la Chartre africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes, que le Nigéria a portant ratifié. Malgré l’absence de statistiques officielles, on estime que, dans certains groupes de populations de l’Etat de Lagos, près de deux tiers des femmes subissent au sein de leur foyer des violences. Des lois et des pratiques discriminatoires , l’attitude méprisante de certains policiers et des difficultés d’accès au système judiciaire contribuent à ceux que les violences contre les femmes soient largement tolérées et qu’un très grand nombre de ces sévices ne soient pas signalés.