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23 juillet 2006 | Imprimer cette page

Comment aider les pays pauvres, une question bien complexe.

par DE VARGAS CHARLENE

L’assistance alimentaire ne constitue qu’un aide éphémère. Si les pays du nord veulent vraiment aider les pays du sud, il faut avant tout les intégrer de façon équitable dans les marchés internatinaux , réajuster les institutions internationales et y promouvoir la démocracie.

Les pays développés peuvent vraiment influés sur le développement des pays du Sud. Leurs efforts devraient consistés principalement à offrir des opportunités commerciales pour intégrer pleinement au processus de globalisation les pays mis à l’écart des marchés internationaux. Car ceux-ci sont remplis d’inégalités (les taxes et autres contraintes financières se retrouvent sur les produits d’importations des pays en développement) et marqués par un manque de transparence, excluant les pays les plus pauvres. L’appui à l’agriculture (notamment les subventions faussant les échanges et les barrières commerciales) dans les pays développés s’élève à environ 350 milliards de dollars, un montant supérieur au PIB de l’Afrique et équivalant au triple du volume de l’aide aux pays étrangers en 2005.Les pays de l’OCDE à revenu élevé continuent d’imposer des restrictions commerciales relativement plus importantes aux exportations des pays à faible revenu qu’à leurs autres partenaires commerciaux."Le commerce est le chaînon manquant des emplois et opportunités. Si les peuples d’Afrique et des autres pays pauvres n’accèdent pas aux marchés qui leur permettent de vendre leurs produits, ils ne pourront, ni sortir de la pauvreté, ni offrir à leurs enfants un avenir meilleur.” (Paul Wolfowitz, Président de la Banque mondiale, au Club de la Presse nationale à Washington DC, 7 décembre, 2005.) D’un autre coté, libéraliser totalement le marché des produits agricoles bénéficieraient principalement aux consommateurs des pays développés et aggraverait la situation des pays les plus pauvres.

Un véritable commerce équitable permettrait de limiter les inégalités Nord-Sud en rétablissant un rapport d’échanges satisfaisants pour tous, du producteur au consommateur, et en assurant une juste rémunération du travail des producteurs des pays en voie de développement, qui s’engagent en retour à garantir le respect des droits fondamentaux des personnes ainsi que de l’environnement
Pour que les négociations de Doha parviennent à de bonnes conclusions favorables au développement il faudrait, entre autres, que les pays riches prennent des mesures visant à libéraliser leurs politiques commerciales agricoles, l’accès au marché étant, de loin, le résultat le plus important, bien que la réduction de l’appui au niveau national, par exemple, pour le coton, reste un élément essentiel et que “l’aide au commerce,” à savoir, une assistance accrue aux pays pauvres pour améliorer l’infrastructure et supprimer les entraves à leurs efforts visant à accroître les échanges, soit un complément important, mais en aucun cas un substitut, aux ambitieuses réformes commerciales.
L’Organisation mondiale du commerce a manqué à ses engagements de finaliser un accord favorable au développement en ce qui concerne les règles commerciales lors de sa conférence ministérielle à Hong Kong en décembre 2005. Les pays riches ont trahi leurs promesse. Au lieu de les tenir, ils ont essayé de maintenir intactes leurs politiques nocives en matière d’agriculture tout en empêchant les pays pauvres de décider de leurs propres politiques qui pourraient contribuer au soutien de leurs industries naissantes. De toutes façons, il est difficile pour les pays pauvres de progresser. En effet, quand les (rares) revenus des exportations arrivent, ils servent en priorité à rembourser les interêts de la dette.

En juin 2005, les ministres des Finances du G8 ont annoncé l’annulation immédiate de 100% de la dette multilatérale de 18 pays pauvres très endettés ( PPTE) et de 9 autres dans les dix-huit prochains mois. Cette décision est historique. Cependant, cette décision ne concerne pas toute la dette multilatérale, mais uniquement les dettes dues au FMI, à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement, même si ces trois institutions sont les principales créancières multilatérales des pays concernés. De plus, elle ne concerne qu’un petit nombre de pays pour un allégement de 1,4 milliards de dollars annuels au total, alors que 62 pays pauvres, dont le service annuel de la dette s’élève au total à 39 milliards de dollars, nécessitent une annulation totale de leur dette extérieure pour atteindre les Objectifs du Millénaire. Enfin, elle implique des conditions lourdes et des réformes d’ajustement structurel pour y avoir accès. Par conséquent, la décision du G8 a beau être « historique », elle n’en est pas moins totalement insuffisante au vu des besoins nécessaires aux pays pauvres pour atteindre les Objectifs du Millénaire, qui sont pourtant des objectifs minimalistes et jugés « réalistes » par les gouvernements.

Il serait déjà nécessaire que les pays développés agissent de façon juste envers les pays qui en ont besoin au travers des institutions internationales. Par exemple, il existe un agrément commercial gérant les aspects des droits de la propriété intellectuelle. Cette loi du commerce internationale empêche les personnes les plus pauvres de la planète d’avoir accès aux médicaments nécessaires à leur survie... De même, quand le FMI exige des pays en développement qu’ils ouvrent leurs capitaux immédiatement aux marchés mondiaux, cela les expose à la volatilité des flux de capitaux mondiaux, menant à plus de crise et de problèmes économiques. ( cf crise asiatique) Presque tout les cas réussis de développement au cours des 50 dernières années ont eu lieu grâce à des innovations, des politiques économiques créatives et adaptées aux réalités des pays. La Corée du sud et la Chine ne sont pas conformées aux exigences des institutions internationales prônant une économie ouverte et déréglementée et comptent à jour parmi les économies les plus fleurissantes.

Le don d’argent n’a que peu d’impact sur le développement des pays du sud, ou seulement quand les pays bénéficiaires agissent correctement et ont la capacité et des leaders politiques sachant dépenser cet argent correctement et efficacement. Il existe certes un lien entre l’aide financière et le développement mais aucune corrélation n’est prouvée entre cette aide et l’augmentation de la productivité et des salaires, ce qui importe finalement le plus.
Le problème est que dans la plupart des cas, ce sont les pays qui ont le plus besoin d’aide extérieure qui ont le plus de difficulté à utiliser au mieux cette aide. L ’échec de l’aide au développement est dû à la fois à l’incapacité des dirigeants locaux à allouer les fonds vers les secteurs vitaux de l’économie et à faire aboutir les projets qu’à cette forme d’aide qui laisse peu de marge de manoeuvre aux pays bénéficiaires. Beaucoup de gouvernements sont corrompus, mais il faut également ici remettre en question les dirigeants des pays du nord quant à leur réel désir d’aider les pays pauvres : la corruption profite aussi bien à une poignée d’individus des pays pauvres que des pays riches.
Le Botswana et la Mauritanie sont les symboles des « sucess stories » de l’Afrique et possèdent des gouvernements démocratiques. Les pays développés pourraient donc aider efficacement les pays du sud en promouvant la démocratie, aussi bien au niveau des gouvernements qu’au niveau de la population qui doit se politiser et donc s’informer. L’éducation et les NTIC ont donc ici un rôle important à jouer.

Les faux-semblants de l’aide au développement

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L’accord signé à Hong Kong consacre le dogme du libre échange et fait la part belle aux multinationales.

Le commerce, le cycle de Doha et la réduction de la pauvreté

La sixième conférence interministérielle de l’ OMC à Hong Kong

Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde

Annulation de la dette : le cadeau empoissoné du G8

Une annulation de la dette en attendant mieux

L’important n’est pas l’argent mais ce que l’on en fait

La grande désillusion Joseph Stiglitz
(fiche de lecture

Repenser l’aide en Afrique Nicolas Van de Walle

L’Afrique sans dette Damien Millet