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23 juillet 2006 | Imprimer cette page

L’Afrique : le continent toujours le plus touché par la famine

par DE VARGAS CHARLENE

Même si la situation alimentaire s’améliore globalement, l’ Afrique sub-saharienne reste le point le plus chaud de la malnutrition. La famine qui y sévit est certes due à l’aridité du climat. Mais celle-ci ne constitue qu’un élément mineur des causes de cette catastrophe alimentaire. L’ origine du problème reste la politisation de l’alimentation et l’instabilité politique régionale.

L’Afrique : le continent toujours le plus touché par la famine.

Une bonne nouvelle : selon un rapport récent de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ( FAO), le nombre d’humains souffrant de sous-alimentation chronique ou de famine a diminué de 20 millions dans le monde au cours des 10 dernières années. Mais il ne faut pas se réjouir trop vite ; le nombre de sinistrés de la faim reste considérable - 840 millions- , et les progrès enregistrés dans un nombre restreint de pays - à commencer par la Chine - sont contrebalancés par la dégradation constante de la situation dans les 47 pays les plus touchés. La proportion et le nombre d’habitants sous- alimentés ont baissé en Afrique occidentale, en Asie du Sud-est et en Amérique du Sud, mais les perspectives sont sombres en Amérique centrale, au Moyen Orient et surtout en Afrique sub-saharienne.

Dans la mesure où la sécheresse et la famine s’installent très lentement, il arrive souvent que l’aide se fasse attendre trop longtemps. Elle n’arrive que quand la crise est devenue évidente, c’est à dire lorsque la situation est déjà désastreuse. Les catastrophes les plus médiatisées sont celles qui reçoivent le plus de soutien. Cela n’a rien de surprenant. Plus les gens sont informés , plus ils réagissent.

Dans plusieurs des pays touchés par la famine, la situation est aggravée par une mauvaise gestion et par des troubles politiques. Ce n’est pas la pluviométrie qui est la première cause de la famine en Afrique mais bien la situation politique. Par exemple, au Zimbabwe, les manœuvres du président Robert Mugabe pour saisir les terres des agriculteurs blancs provoquèrent un tel effondrement de la production céréalières que près de la moitié de la population aujourd’hui est tributaire de l’aide d’urgence. Il a utilisé la famine pour éliminer toute opposition politique. La famine est alors devenu une arme politique. La crise alimentaire est devenue d’autant plus aiguë que les occidentaux ont refusé d’envoyer de l’aide au Zimbabwe de peur qu’elle soient détournée par le dictateur. Les conflits frontaliers entre l’Erythrée et l’Ethiopie ont eux aussi empirés la situation alimentaire dans la corne de l’Afrique : des vastes étendues de terre n’ont pas été cultivées par crainte des mine et la conscription a vidé les campagnes de leurs ouvriers ,ce qui a accru l’insécurité alimentaires des ménages.

La situation de sécurité alimentaire est atteinte quand toute la population a accès à une quantité suffisante de nourriture pour vivre en pleine santé. Il est important cependant de noter qu’il existe une différence entre la nourriture disponible et la nourriture accessible. Nous retrouvons ici le problème de la politisation de l’aide alimentaire. Il y a assez de nourriture produite à travers la planète pour nourrir toute la population vivant sur la planète terre. Ors, 19 % de la population mondiale, vivant principalement en Afrique, souffrent de sous -alimentation ou de malnutrition. 16 % des maladies y sont dues à une alimentation inadéquate et 55% des enfants vivant en Afrique souffrent de malnutrition. Les populations vivant en Afrique sub-saharienne sont celles qui absorbent le moins de calories au monde par jour. Alors que la sécurité alimentaire globale est sur la bonne voie pour s’améliorer au cours des 30 prochaines années, l’ Afrique sub-saharienne restera e et toujours le point le plus chaud en matière de malnutrition et de famine à cause de ses conditions climatiques extrêmes et surtout du contexte politique régional, des conflits de pouvoir et de l’ hypocrisie des pays riches.