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21 juin 2006 | Imprimer cette page

Une autre image de l’Afrique : 4 pays africains dépassent la barre des 10 % de croissance.

par DE VARGAS CHARLENE

Il y une Afrique que les médias oublient trop souvent de nous présenter. En dehors des images de famine, de génocide et de personnes toujours plus touchées par le Sida, il existe en effet une Afrique « qui marche ». Une économie dynamique se développe, bien différente des clichés miséralistes auxquels s’attardent les journalistes, soucieux de toucher l’émotionnel de leurs lecteurs.

L’Afrique est une terre de guerres, de pauvreté et la situation dans des régions comme le Darfour exige que les médias s’y intéressent afin de mobiliser la communauté internationale. Mais c’est aussi une image plus positive du continent qui doit être présentée. Sans cela, impossible d’attirer l’investissement étranger, créateur d’emplois et stimulateur de l’amélioration du système sanitaire et de l’éducation, et ainsi du développement durable. C’est ainsi que se sont développés très rapidement les bébés tigres, et aujourd’hui l’Inde et la Chine. Or, selon l’Agence fédérale américaine pour les investissements privés à l’étranger, l’Afrique est le continent qui attire le moins d’investissement alors qu’ elle offre les meilleurs rendements aux investissements directs étrangers. Ce manque d’investissement mène à une stagnation de l’emploi, une misère persistante et un accès limité de la population aux services de santé et d’éducation. Pour ne parler que de quelques faits : la bourse du Ghana remporte régulièrement la palme de la plus belle performance mondiale et des FNT , telles Coca-Cola et General Motors, sont implantées sur le continent depuis des années , envisageant même l’avenir avec beaucoup d’optimisme. L’Afrique traditionnellement décrite par les médias n’est qu’une caricature unidimensionnelle ne pouvant refléter une réalité complexe. Ce qui arrive actuellement en Afrique n’a pas besoin d’un traitement spécial. La bourse du Ghana a enregistré le plus forte croissance dans le monde en 2005. Ce n’est pas là le sujet d’un article positif, c’est de l’information. Beaucoup de gens auraient sûrement trouvé intéressant de savoir qu’ils pu obtenir un rendement de 144% en y plaçant leurs capitaux…

Certes, des catastrophes humanitaires sont en cours au Soudan ou en Ethiopie, l’instabilité cause encore des dégâts en Côte d’Ivoire ou dans l’est de la République démocratique du Congo, sans parler du "naufrage de l’économie du Zimbabwe". Mais il ne faudrait pas omettre que la croissance du continent africain en 2005 a atteint 4,9 % et progressera de 5,8 % en 2006 et encore 5,5 % en 2007(rapport de l’OCDE). Et tout le monde semble concerné par cette relative prospérité : l’Afrique du Nord (+ 6,3 % en 2006) est tirée par les hydrocarbures, avec un ruban bleu décroché par la Mauritanie, qui vient d’exporter ses premiers barils (+ 26,9 %). Les troubles ivoiriens ralentissent peu l’Afrique occidentale (+ 5,3 %), mais l’instabilité freine l’Afrique centrale (+ 5 %).La sécheresse au Malawi ou au Kenya n’empêche pas l’Afrique orientale de réaliser une belle performance (+ 5,6 %). Quant à l’Afrique australe (+ 5 %), elle est écartelée entre la descente aux enfers du Zimbabwe (- 4,8 %) et l’opulence pétrolière de l’Angola (+ 26,4 %). Ces beaux résultats ont eu, bien sûr, pour origine la hausse des cours des produits pétroliers et des matières premières due à la croissance mondiale. D’ailleurs, les pays exportateurs d’hydrocarbures ont progressé plus vite (+ 5,5 %) que les autres (+ 4,4 %).De plus il faut, selon l’OCDE, attribuer cette accélération également à un regain des aides publiques au développement, surtout sous forme d’annulations de dettes : les aides à l’Afrique représentaient 36 % des aides mondiales en 1999, mais 46 % en 2004 (79,5 milliards de dollars, soit 62 milliards d’euros). Les entreprises africaines subissent un manque cruel d’infrastructure. Mais quand le distribution d’électricité n’est as fiable, on recourt aux générateurs, des puits sont creusés pour obtenir de l’eau, Le téléphone portable remplace les lignes coupées. Un peu partout sur le continent, le secteur privé travaille dur pour trouver des solutions aux problèmes spécifiques de l’Afrique.

Reste cependant un long chemin à parcourir sur la voie du développement. Six pays africains seulement sont susceptibles d’atteindre l’Objectif du millénaire crucial consistant à réduire de moitié le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour : l’Algérie, l’Egypte, la Libye, le Maroc, l’île Maurice et la Tunisie. La croissance ne profite pas encore à ses habitants. La bonne santé économique du continent ne se traduit pas en espèces sonnantes et trébuchantes pour la majorité des Africains, dont 200 à 300 millions se battent encore pour survivre dans les milieux ruraux. Citons le cas de l’Afrique du Sud, dont l’économie est l’une des plus florissantes du continent avec une hausse du Pib de 4,9% en 2005. Ceci serait un très bonne performance pour une pays développé, mais ceci n’est pas suffisant pour un pays qui a un taux de chômage supérieur a 30%.