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2 juin 2006 | Imprimer cette page

Burkina Faso : Les TIC pour un enseignement secondaire de qualité : Etat des lieux

par Daouda Hamadou

L’utilisation des ordinateurs dans le sytème éducatif Burkinabè date d’environ deux décennies. Depuis quelques années, on constate que l’intégration des Technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement (TICE) fait son petit bonhomme de chemin. Plusieurs écoles et de lycées ont déjà reçu ou acheté des ordinateurs, se sont connectés a Internet ou sont à la recherche de financements pour intégrer l’équipement informatique au sein de leur établissement.

Malgré ces débuts prometteurs, on ne peut affirmer qu’il y a une réelle intégration des TIC dans le système éducatif Burkinabè. Il y a aussi tellement d’intervenants et de méthodes que l’on ne sait plus à quel saint se vouer.
Communication de Haoua Koné

C’est pour faire l’état des lieux que l’IICD à travers son projet TICE-Burkina en collaboration avec la Direction Générale des Inspections et de la Formation des Personnels de l’Education (DGIFPE) du Ministère des Enseignements Supérieurs et de la Recherche Scientifique (MESSRS), ont organisé le mercredi 24 mai 2006, un séminaire sous le thème « Etats des lieux des Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement secondaire au Burkina Faso :expériences et enseignements ».

L’atelier qui a eu lieu dans la salle de conférence du PNUD a connu la participation d’une quarantaine de personnes. Ces derniers sont venus de structures ministérielles, d’ONG, d’établissement scolaire, de structure d’appui à la promotion des TICE et d’associations. Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire Général du MESSRS, parrain de la rencontre a tenu a remercier TICE-Burkina et IICD pour leur engagement pour les TICE. Selon lui, l’importance des TIC pour l’enseignement et l’apprentissage ne souffre plus de débats dans un contexte de mondialisation. C’est une question d’intégration ou d’exclusion.

Une vue des participants

Les Enseignants burkinabé s’intéressent aux TIC

Pendant la journée, les séminaristes ont échangé autour des enjeux des TICE au Burkina et des initiatives en cours. C’est tout d’abord M. François Laureys, chargé de programme à IICD pour le Mali et le Burkina qui a introduit le sujet avec un exposé sur les TIC et l’enseignement. En substance, il a noté que les TIC dans l’enseignement se manifeste à trois niveaux. On peut utiliser les TIC au sein de l’école, on peut apprendre les TIC, ou utiliser les TIC pour apprendre. Quel que soit l’option, les acteurs doivent voir en quoi l’intégration des TICE peut améliorer le système éducatif.

A la suite de M. Laureys, Mme Hawa Koné a présenté le rapport de l’étude sur les TIC dans « l’enseignement secondaire au Burkina Faso ». Cette étude qui a été commandité par IICD devrait servir de cadre de référence dans la préparation d’un atelier Table ronde sur l’éducation en juillet 2005. Elle a noté que malgré les multiples contraintes (la peur de la modernisation, insuffisances des compétences humaines, les coûts élevés du matériel informatique et des frais de communication...) dans l’enseignement secondaire, les acteurs affirment le caractère incontournable et indispensable des TICE. Ce qui dénote une certaine prise de conscience de l’importance d’intégrer les TIC dans l’enseignement.

Comme recommandations, elle a suggéré la prise de mesures d’urgence par le MESSRS en vu d’élaguer les obstacles liés à l’intégration des TIC dans l’enseignement secondaire. Il s’agit entre autres d’accroître et de subventionner l’acquisition du matériel informatique pour l’éducation, améliorer la qualité des infrastructures de communication, créer un cadre de concertation pour l’identification des besoins et l’élaboration de contenus d’information de sensibilisation et d’autoformation des acteurs de l’enseignement secondaire, créer des centres de ressources communautaires..... En matière de TICE donc,le Burkina Faso n’est pas aussi mal loti !

Même si on est encore loin de pouvoir parler d’une réelle intégration des TIC dans l’enseignement au Burkina, on note néanmoins l’existence de multiples initiatives.

Des expériences enrichissantes...

Il s’agit entre autres du Programme TICE de IICD, le projet Pil soutenu par Microsoft, les cybercentres en milieu scolaire de la francophonie, le projet BAD.

Mr Abdoulaye Yatabaré, Directeur Général de l’Enseignement Technique et Professionnel et coordonnateur du programme Pil a partagé avec les séminaristes les expériences de son programme. En résumé il a noté que le programme Pil a été établi en 2003 avec l’initiative Partners in Learning de Microsoft. Le programme s’est fixé pour objectifs :

•Contribuer au côté des gouvernements et des autres acteurs à favoriser l’introduction des TIC comme outils de transmission de connaissances mais aussi comme matière de connaissance.

•Renforcer les ressources humaines du secteur de l’éducation,

•Encourager les enseignants a embrasser une attitude propice à l’innovation et les aider à maîtriser les TIC.

Pour ce qui est déjà fait sur le terrain, on note la signature d’un accord cadre en 2004 entre Microsoft, le MESSRS et le MEBA. Dans son intervention, il a tenu a souligner une certaine méconnaissance des acteurs sur les contours du projet, ce qui a freiné sa mise en œuvre. Il a donc prévu en 2006 un atelier des principaux acteurs sur la relecture du plan d’action PIL et la mise en œuvre de l’accord cadre.

Le "généreux" MICROSOFT mal compris au Burkina !

Par exemple, l’Etat Burkinabè croyait que Microsoft allait les financer directement par l’achat de micro-ordinateurs de seconde main. La réalité est que Microsoft a promi une subvention indirecte qui serait générée par son gain en vente de logiciel si celle-ci n’était plus piraté au Burkina suite à une série d’action de répression et de contrôle que l’Etat entreprendrait. En d’autres termes, Microsoft dit ceci : si vous luttez contre le piratage de mes logiciels, je vais gagner de l’argent et je réduirai de X votre facture, d’où une subvention de Y%. Microsoft par ce truchement s’est vu offerte une publicité gratuite au Burkina parce que l’on pensait à un soutien direct en matériel ou en espèces sonnantes !.

Pour ce qui concerne le projet TICE Burkina soutenu par IICD, le Coordonnateur M. Adama Traoré a noté que son groupe se veut un réseau d’apprentissage et d’expérimentation des TICE au Burkina. Il intervient dans 12 lycées. Les objectifs principaux tournent autour du développement des capacités techniques des acteurs du milieu éducatif, mais aussi, la création et la vulgarisation de ressources pédagogiques. Selon lui, à part quelques difficultés (manques de ressources financières pour motiver les enseignants pionniers, incompréhension de certains enseignants, faible soutien de certaines administrations de lycées) le projet TICE Burkina contribue énormément à l’intégration des TIC pour un enseignement de qualité.

Né dans la même ordre, le projet cyber centre en milieu scolaire de l’agence Intergouvernemental de la francophonie a implanté 12 cybercentres au profit du secteur éducatif. Grâce à un partenariat avec l’ONATEL(Office National de Télécommunication), ce projet bénéfice d’une liaison spécialisée à moindre coût. D’après Monsieur Oumarou Sawadogo, Inspecteur de l’enseignement secondaire, c’est la première fois que des établissements d’enseignement secondaire bénéficient d’accès confortable à Internet, par liaison spécialisée (à 128 kb/s), renforçant ainsi notablement pour les élèves, enseignants et encadreurs pédagogiques, les possibilités d’utiliser les TIC pour l’apprentissage, l’enseignement et la formation.

Le projet BAD également a donné un coup de pouce au TICE au burkina. Mise en œuvre par le SOMI, organe exécution de la composante informatique du projet BAD au sein des ministères, s’est fixé pour mission la formation l’assistance , la maintenance, la création de logiciels pour le secteur de l’éducation. Comme réalisation, le projet a pu former des cntaines acteurs en maintenance et en bureautiques, équipé quinze salles en ordinateurs... M Zerbo du SOMI a quand même tenu à souligner les difficultés liées à des ruptures dans mise en œuvre du projet par manque de financement. Il a aussi souhaité une synergie des acteurs des secteurs.

Les acteurs de terrain racontent leurs expériences Les intervenants ont tout d’abord fait l’état des lieux des équipements informatiques au sein de leurs Lycées. Selon M. Sia Benjamin du Lycée Technique de Ouagadougou, son établissement compte environ 50 PC repartis dans 3 salles. Meme si les ratio ordinateur par enseignant-1 PC pour 50 enseignants ou par élève (1PC pour 40 élèves) sont faibles, il pense que son lycée dispose d’acteurs dévoués pour la promotion des TICE. Il dispose en effet d’une équipe d’enseignants formés en intégration pédagogique des TIC, en maintenance, et informatiques. Quand à Boureima Ouédraogo, sa passion des TIC est née au lycée Yamwaya de Ouahigouya. A mon arrivé, notre salle informatique n’avait qu’un seul ordinateur. En 2000 l’arrivée d’un Coopérant Corps de la Paix, ONG américaine va introduire un grand changement. Grâce à l’appui de différents partenaires tel que TICE Burkina et Worldlinks, nous disposons aujourdhui d’une dizaine de PC. Pour ces derniers les TICE sont plus qu’une nécessité aujourd’hui. Ils ont pu réalisé des sites web, amélioré le contenu de leur cours et créé une dynamique d’échange avec leurs élèves.

Malgré leurs motivation, ils connaissent aussi de multiples difficultés (insuffisance de PC, accès difficile à Internet, problème de temps liés aux emploi de temps chargés, absences de soutien financier des acteurs.). Il faut noter qu’en général, les enseignants pionniers en TICE sont chargés de former leurs collègues. Pour le moment, les travaux sont faits sur le principe du bénévolat.

Mieux préparer la table ronde sur l’éducation

Selon M. Yatabaré, cette initiative de IICD a permis aux différents acteurs de s’informer mutuellement. Il se dégage également un début de synergie dans les actions afin d’éviter les doublures et les problèmes entre les partenaires sur le terrain. Les acteurs ont promis de peaufiner leur réflexion en vue de réfléchir aux thèmes à soumettre lors de la table ronde sur l’éducation prévue en juillet prochain.
Mr Yabaré pendant son exposé

Pour des détails pour TICE Burkina voir le site web TICE

Source : Roukiattou Ouédraogpo B-ntic