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9 avril 2005 | Imprimer cette page

Exploiter puis assainir est plus coûteux que de préserver

par N. Wihlm

Les services des écosystèmes ont été trop longtemps considérés comme étant gratuits, et leur exploitation illimitée.

Un rapport international du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) souligne que les forêts, les zones humides, les récifs coralliens, sont indispensables dans la lutte contre la pauvreté et dans la recherche du développement durable. Selon Klaus Toepfer, directeur exécutif du PNUE, endommager ou dégrader les écosystèmes équivaut à un suicide économique.

Les écosystèmes fournissent des moyens de subsistance, que ce soit par la pêche, la foresterie, l’agriculture, l’élevage ou le tourisme, d’où leur valeur économique.
Le rapport Millenium Evaluation of Ecosystems (Evaluation des écosystèmes pour le millénaire) affirme que des écosystèmes intacts et sains sont souvent d’une valeur supérieure à des écosystèmes transformés, endommagés ou dégradés.

Ainsi, les zones humides sont des habitats importants pour nombre de poissons, d’oiseaux et de plantes. Elles constituent également des filtres et des réserves naturels d’eau.
Selon le rapport, au Canada, une zone humide intacte vaut 6.000 dollars l’hectare ; alors que celles qui ont été défrichées pour être transformées en exploitations agricoles ne valent que 2.000 dollars l’hectare. Le même argument reste vrai dans le cas des mangroves. En Thaïlande, intactes, elles valent 1.000 dollars l’hectare ; une fois ce même terrain converti à l’élevage de crevettes, sa valeur déprécie de 800 dollars.

Le rapport examine les coûts associés à la dégradation des écosystèmes. Il cite l’exemple de Terre-Neuve où la surexploitation des réserves de morue a mené à leur épuisement au début des années 1990. Des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans emploi. Les allocations chômages et la reconversion des chômeurs ont coûté 2 milliards de dollars.

Après l’incendie de 10 millions d’hectares de forêts en Indonésie à la fin des années 1990, les coûts associés aux soins de santé supplémentaires, à la perte de production et aux revenus touristiques perdus, sont estimés à 9 milliards de dollars.

Le rapport affirme également que le coût de réhabilitation des écosystèmes est élevé, indiquant qu’il revient moins cher de préserver plutôt que de polluer et de nettoyer.

Communiqué de presse du PNUE
30 mars 2005