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1er août 2005 | Imprimer cette page

Yawo Attivon, l’Apôtre de l’Afrofunk

par Kouma Laurent Dekalikan

Avec l’autorisation de l’ Auteur : Mr Ekoué Satchivi

Guitariste bassiste de choc et chanteur, l’artiste togolais Yawo Didier Attivon est sur le devant de la scène depuis la sortie de son album « Take out the fences » (Enlevez les barrières). Bien qu’installé depuis plusieurs années à Minneapolis (Minnesota) aux Etats unis, Yawo Didier Attivon n’a rien oublié de ses racines et de son amour pour le quartier Abobokomé, l’un des plus vieux de Lomé où il a grandi.

Né dans une famille de musiciens, Yawo Didier Attivon a été révélé au public américain à travers l’album « Doliho », fruit d’une collaboration avec son cousin Ro Bezz Attivon. Il s’est ensuite lancé dans une carrière solo, avec la sortie en 2001 de « Mia du Agbé »(Celebrate), un album composé de huit titres. Trois ans plus tard, le 29 octobre 2004, un deuxième album est lancé sous le titre Take out the fences (Enlevez les barrières). Ce morceau composé sur l’Agbadja, rythme très populaire au Bénin, au Ghana, mais également au Togo, avec des mélodies captivantes sur des thèmes touchant les faits de société et la politique, exhorte à se débarrasser de toute barrière . « Dja Gbagba » , titre d’ouverture de l’album chanté par un chœur puissant, est appuyé par une bonne percussion. Sur ce nouvel album de douze plages, Dream King ( Roi rêveur), melting-pot fait de Hip hop et de Funk, Mi la woè, Ayélévi no ku, Misogbé, Land of strangers… peuvent aussi donner satisfaction à tout féru de musique en quête de belles sonorités. Ce nouvel album sorti des studios Caveman Records est largement programmé sur plusieurs radios américaines et en Afrique dans Africa Song, l’émission animée par Robert Brazza sur Africa no 1, la radio panafricaine émettant de Libreville au Gabon.

Cet artiste engagé rend hommage dans Lost heroes ( Héros perdus), à la bravoure des combattants de la liberté Koffi Rainhilf Kongo, Marc Atidépké, Tavio Amorin lâchement assassinés par le régime togolais. Ancien leader du Groupe Zangbéto et étudiant contestataire inscrit en Lettres à l’Université de Lomé, Yawo Didier Attivon était parmi les artistes qui, le 27 avril 1991, avaient ébloui le public loméen dans un spectacle féerique, pour le rétablissement populaire de la fête de l’Indépendance, à la Place Bonhke, sur les lieux de la lagune asséchée de Nyékonakpoé. Formé à l’Ecole expérimentale de musique à Lomé, le leader des Fils Attivon a fait ses preuves au cours de nombreux spectacles dans les centres culturels de la capitale togolaise. Adepte d’une musique métissée qui puise ses racines dans l’Afro Pop, en passant par le Reggae et la World music, Yawo Didier Attivon a participé en 1991 au 1er Festival international de jazz du Togo, invité à « Coup de pouce », ancienne émission de la télévision togolaise animée par Bédou Okouta destinée à promouvoir les jeunes artistes.

Depuis son installation aux Etats Unis, l’artiste a participé à de nombreux spectacles rendez-vous artistiques, dont la 17e édition du Festival international « Nuits d’Afrique » à Montréal
en août 2003. Actuellement en tournée musicale à travers les grandes villes américaines pour la promotion de son nouveau produit, l’Apôtre de l’Afrofunk a également inscrit sur son agenda l’Europe et l’Afrique ; histoire de prouver que la démocratie se trouve aussi dans les rythmes. Bien avant, pour juger de la qualité de Take out the fences et s’assurer de la liberté expressive qu’il véhicule, il faut à tout prix le découvrir.